Des pigeons menacés par Internet
La devise de la police de l’Etat d’Orissa, dans l’est de l’Inde, pourrait être : Jamais sans mon pigeon. Depuis 1946, environ 800 pigeons voyageurs assurent le service du courrier entre les 400 commissariats de la région, sur plusieurs milliers de km². Un service postal qui est aujourd’hui menacé par l’Internet et les courriers électroniques.Le ministère des Finances indien affirme que ces « facteurs de l’air » sont désormais inutiles et trop chers, même si le coût d’entretien de chacun de ces dociles volatiles n’excède pas 8 centimes d’euro par jour. Du côté des défenseurs des pigeons, on vante leur rapidité et leur capacité à acheminer des messages en toute circonstance, notamment lorsque le pays est touché par des cyclones ou des inondations.
« Le pigeon voyageur (Colombia livia) est fiable, car élevé pour être messager », explique Christophe Arnoult, chercheur au laboratoire de biophysique moléculaire et cellulaire du CNRS à Grenoble et passionné de colombophilie. « Contrairement aux moyens de communication modernes, ces pigeons assurent une confidentialité totale. Son utilisation en temps de guerre l’a prouvé. »
Perpétuant une tradition vieille de cinq siècles, les quarante hommes d’un corps spécial de la police d’Orissa entraînent les pigeons dès qu’ils ont atteint quatre semaines. A l’âge adulte, ils sont capables d’effectuer d’une traite un vol de 500 km. Mais, depuis près de huit ans, les autorités gouvernementales font pression sur la police d’Orissa. Jusque-là, la tradition l’a emporté.







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