lundi, septembre 04, 2006

Couleurs : le rouge (2/2)

D’abord synonyme de prudence devant le danger, le drapeau rouge s’est ensuite chargé de sentiments de colère jusqu’à prendre un sens de révolte. Ce fut à la suite d’un événement survenu pendant la Révolution française, dont la gravité frappa les esprits de durable façon : une grande manifestation populaire et pacifique devait se dérouler sur le Champ-de-Mars. Désireux d’éviter tout affrontement avec les forces de sécurité, un encadrement policier déploya des drapeaux rouges autour du cortège. Cette incitation à la prudence ne fut pas comprise de la garde nationale, qui tira dans la foule. Le drapeau rouge, désormais, deviendra celui du martyre, de l’oppression.
Les régimes communistes en feront pendant près d’un siècle l’utilisation intensive que l’on sait.
Sur le mode mineur, le gilet rouge arboré par Théophile Gautier, lors de la première du drame de Victor Hugo Hernani, était aussi un symbole de révolte et de colère contre les tenants du drame classique.

Par-dessus tout, le rouge est synonyme de beauté. Dans la langue russe, les notions de beau et de rouge se confondent au sein du même mot de krasnya. Ainsi, la fameuse place Rouge pourrait-elle aussi bien se nommer en français, sans la moindre erreur de traduction, la « Belle Place ».
C’est seulement depuis deux siècles que l’on se marie en blanc – symbole de pureté et de virginité. Auparavant, les épousées choisissaient de porter, le grand jour de leurs noces, la robe la plus belle, qui était la plupart du temps une robe rouge, cette couleur étant celle qui se fixait le plus facilement sur les tissus et ne passait pas au soleil.
L’enfant est spontanément attiré par le rouge, qui est promesse pour lui de jeu ou de douceur sucrée.