vendredi, septembre 08, 2006

Chili, les routes de la mémoire

Ce livre commence comme un voyage en « oubli ». Puis, au fil des photos, notre mémoire s’ouvre. Patrick Zachmann, de l’agence Magnum, capte l’amnésie chilienne des années Pinochet.

Ses clichés nous mènent dans le nord du pays, au cœur des déserts. Où le passé a été balayé. Le long de la route n° 5, la Panaméricaine, il part sur les traces d’un « énorme trou de mémoire ». A Pisagua, les cellules de l’ancienne prison n’abritent plus les souffrances des opposants : derrière les barreaux, le sauna et la salle de billard d’un hôtel. Dans le stade de Santiago, les supporters semblent avoir oublié aujourd’hui le martyre des 15.000 parqués dans les tribunes dès 1973 et torturés à mort.

Zachmann rend hommage à ces disparus à travers les portraits recueillis par deux photographes chiliens, Claudio Perez et Rodrigo Gomez. Pour rappeler qu’avant le désert il y avait des hommes. Zachmann, par ses textes, laisse aussi parler sa propre histoire, celle de ses grands-parents morts à Birkenau. « Là-bas, j’ai découvert l’importance du corps, de la sépulture. Sans mémoire, il n’y a pas de deuil possible. »

Chili, les routes de la mémoire, éditions Marval, 52 clichés.